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La Fédération des Gestionnaires des Déchets de Guinée (FEGEDEG) exprime sa vive préoccupation suite à la publication du classement 2025 des villes africaines les plus propres, établi par le magazine Jeune Afrique. Ce classement, largement relayé à l’échelle continentale, révèle une réalité préoccupante : la capitale guinéenne, Conakry, ne figure pas dans le Top 30.

Cette absence interpelle les autorités, les acteurs du secteur de l’assainissement ainsi que l’ensemble des citoyens, tant elle reflète les défis persistants auxquels la Guinée est confrontée en matière de gestion urbaine et environnementale.
Une méthodologie basée sur la perception et des indicateurs urbains
L’étude ayant servi de base à ce classement a été réalisée en 2024. Elle repose principalement sur une enquête de perception, menée auprès d’environ 7 877 personnes dans 41 villes africaines.
Chaque ville a été notée sur une échelle de 0 à 10, où :
0 correspond à une ville extrêmement sale ;
10 à une ville jugée parfaitement propre.
Les critères d’évaluation combinent la perception des habitants et plusieurs indicateurs urbains clés, notamment :
la propreté des rues et des espaces publics ;
la gestion des déchets solides (collecte, décharges, recyclage) ;
l’assainissement et le drainage des eaux usées ;
l’hygiène des marchés, gares et lieux publics ;
l’implication citoyenne et le civisme ;
l’action des autorités locales (politiques, budgets, contrôles) ;
le cadre de vie général (pollution visuelle, odeurs, espaces verts).
L’absence de Conakry dans ce classement suggère une note inférieure à 4/10, seuil en dessous duquel se situent les villes non retenues.

L’analyse de la FEGEDEG : des causes structurelles profondes
Selon l’analyse de la FEGEDEG, plusieurs facteurs majeurs expliquent cette situation :
un faible niveau global de gestion des déchets solides, malgré l’existence de projets et d’acteurs locaux ;
un taux insuffisant de collecte régulière des déchets ;
des caniveaux obstrués, à l’origine d’inondations récurrentes ;
une urbanisation rapide et souvent anarchique, dépassant les capacités de planification publique ;
une application limitée des sanctions liées à l’insalubrité ;
un incivisme persistant ;
une faible valorisation de l’expertise nationale et des solutions locales ;
l’absence de capitalisation des acquis et des innovations existantes ;
le manque de politiques et de stratégies sectorielles cohérentes et durables.
Des perspectives possibles à condition d’un changement d’approche
Pour la FEGEDEG, la Guinée peut devenir un pays propre, à condition de bâtir ses politiques d’assainissement sur les compétences nationales existantes, plutôt que d’adapter ces compétences à des stratégies importées, souvent déconnectées du contexte local.
L’assainissement étant un enjeu transversal, multisectoriel et même transfrontalier, il exige :
l’implication de l’État ;
le secteur privé ;
les organisations de la société civile ;
les centres de recherche et de formation ;
les incubateurs d’innovations ;
les médias et les citoyens.

Vers un cadre permanent de concertation
Dans cette optique, la FEGEDEG invite le Gouvernement, au-delà des efforts déjà engagés, à mettre en place un cadre permanent de réflexion et de concertation. Un tel mécanisme permettrait de bâtir un système de gestion des déchets plus inclusif, participatif et complémentaire, tout en consolidant et valorisant les expériences positives déjà menées en Guinée.
C’est dans cette dynamique que la FEGEDEG poursuit la vulgarisation des recommandations issues du Forum de Valorisation des Acquis et Innovations dans le Secteur de l’Assainissement (VAISA-Guinée 2024). La recommandation phare de ce forum reste la signature d’un Pacte National de Salubrité en Guinée, considéré comme un levier essentiel pour impulser un changement durable.
Le Top 5 africain en matière de propreté urbaine
Selon le classement Jeune Afrique 2025, les cinq villes africaines les plus propres sont :
- Kigali (Rwanda)
- Rabat (Maroc)
- Cotonou (Bénin)
- Tanger (Maroc)
- Marrakech (Maroc)
Un exemple dont la Guinée peut s’inspirer pour relever le défi de l’assainissement et améliorer durablement le cadre de vie de ses populations.
Sory CAMARA
Président de la Fédération des Gestionnaires des Déchets de Guinée (FEGEDEG)
Directeur du Centre de Recherches Environnementales et de Valorisation des Déchets (CREVADE)
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