
Depuis la fusion du ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation avec celui de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, décidée à travers un décret portant structure et organisation de l’administration publique, de nombreuses interrogations persistent quant à l’efficacité réelle de cette réforme administrative.
Présentée comme une démarche visant à rationaliser la gouvernance éducative et à renforcer la coordination des politiques publiques, cette fusion semble aujourd’hui provoquer plusieurs difficultés de fonctionnement au sein du système éducatif guinéen.

Du sommet à la base, des conflits de compétences, des tensions administratives et une certaine méfiance entre les cadres issus des deux anciens départements sont régulièrement évoqués. Selon plusieurs observateurs du secteur, l’absence de clarification des responsabilités et le retard dans la confirmation des cadres administratifs entretiennent un climat d’incertitude peu favorable au bon fonctionnement des services.
À ce jour, seul le ministre a officiellement été confirmé dans ses fonctions, tandis que plusieurs postes stratégiques restent dans l’attente de décisions définitives. Cette situation concerne notamment les secrétaires généraux, les chefs de cabinet, les directeurs nationaux et généraux, ainsi que les responsables déconcentrés, notamment les inspecteurs régionaux et communaux de l’éducation, les directeurs préfectoraux et les différents services d’appui.

Pour de nombreux acteurs du monde éducatif, cette période de flottement administratif ralentit la prise de décisions et complique la mise en œuvre des réformes attendues dans les écoles et centres de formation.
« Tant que les responsabilités ne seront pas clairement définies et que les cadres ne seront pas confirmés dans leurs fonctions, il sera difficile d’obtenir les résultats espérés », estime un acteur du secteur éducatif interrogé sur la question.
Face à cette situation, plusieurs voix appellent le président de la République, Mamadi Doumbouya, à revoir l’organisation actuelle afin de permettre à chaque responsable d’exercer pleinement ses missions dans un cadre clair et stable.
Alors que la Guinée ambitionne de moderniser son système éducatif et d’améliorer la qualité de l’enseignement, certains spécialistes estiment qu’une clarification rapide de l’architecture administrative devient indispensable pour éviter un blocage durable du secteur.

Entre volonté de réforme et difficultés de cohabitation administrative, la fusion des deux départements de l’éducation continue ainsi de susciter un débat national sur son efficacité réelle et son impact sur l’avenir de l’école guinéenne.
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