
Entretien avec Mory Souaré, Premier Secrétaire administratif de la Fédération Syndicale Autonome des Mines, Carrières et Industries Assimilées de Guinée (FESAMICAG-USTG)
Dans le cadre de notre série d’entretiens consacrée au monde du travail en Guinée, notre rédaction a rencontré M. Mory Souaré, Premier Secrétaire administratif de la Fédération Syndicale Autonome des Mines, Carrières et Industries Assimilées de Guinée (FESAMICAG-USTG). Au cours de cet échange, il a abordé les préoccupations majeures des travailleurs du secteur minier ainsi que les perspectives d’amélioration des conditions de travail.
Créée par l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), la FESAMICAG-USTG est une organisation syndicale dédiée à la défense des intérêts des travailleurs des mines, carrières et industries assimilées. Selon M. Souaré, cette fédération est née de la volonté de mieux organiser et accompagner l’évolution du secteur minier guinéen.
Évoquant la situation actuelle des travailleurs, il a souligné plusieurs difficultés auxquelles ces derniers sont confrontés. Parmi elles figurent la non-application de la nouvelle Convention collective des mines, signée le 14 février 2025, le non-respect du contenu local ainsi que les difficultés liées à l’obtention de contrats de travail garantissant une meilleure stabilité professionnelle.
Concernant la sécurité et la santé au travail, M. Souaré estime que la situation demeure préoccupante. Selon lui, chaque société minière applique sa propre politique de gestion en la matière, créant ainsi des disparités importantes. Il déplore particulièrement le comportement de certaines entreprises étrangères qui, selon ses observations, ne respecteraient pas suffisamment les normes de sécurité et de santé destinées à protéger les travailleurs.
Le responsable syndical a également dénoncé certaines pratiques observées au niveau de l’inspection du travail. Il affirme que quelques inspecteurs privilégieraient parfois leurs intérêts personnels en se rapprochant de certaines entreprises, ce qui contribuerait à détériorer les relations entre les syndicats et les employeurs.
Abordant la question du retrait de certains permis miniers, M. Souaré estime que cette décision a eu des conséquences importantes sur l’emploi et l’économie nationale. Il invite les autorités à réexaminer cette mesure afin de préserver les emplois et de renforcer les activités économiques générées par le secteur minier.
S’agissant de l’impact de l’exploitation minière sur le développement durable, il reconnaît l’existence d’effets positifs et négatifs. D’un côté, l’activité minière favorise la création d’emplois et l’amélioration des revenus des travailleurs. De l’autre, il met en garde contre les risques environnementaux, notamment la déforestation et l’avancée de la sécheresse en l’absence de politiques efficaces de reboisement.
Pour conclure, M. Souaré rappelle que la FESAMICAG-USTG demeure un partenaire de dialogue entre les travailleurs et les directions des entreprises. Sa mission principale est de défendre les droits des employés, protéger les emplois et contribuer à garantir un avenir meilleur pour les travailleurs du secteur minier. Il souligne que la Convention collective des mines et carrières constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments de protection des acquis sociaux des travailleurs.
Propos recueillis par Lanciné 1 KABA pour le www.environnement-actu.info
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