
Conakry – Le Parquet spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire visant à faire toute la lumière sur de présumées atteintes graves et massives à l’environnement ainsi qu’à la santé publique dans plusieurs localités de la Guinée.
Dans un communiqué officiel référencé N°356/CRIEF/PPS/2026, le Procureur spécial indique que cette procédure judiciaire fait suite à plusieurs dénonciations enregistrées le 1er juillet 2026, ainsi qu’à divers signalements mettant en cause des pratiques illégales portant atteinte au patrimoine environnemental national.
Des destructions d’écosystèmes au cœur des investigations
Selon le Parquet spécial, les faits dénoncés concernent notamment la destruction de mangroves, de bras de mer, de domaines maritimes appartenant à l’État et de vastes plaines cultivables. S’y ajoutent des accusations de déversement de substances toxiques susceptibles de compromettre durablement l’équilibre écologique et la santé des populations.
Les autorités judiciaires soupçonnent que ces actes auraient été facilités par la complicité de certains agents relevant des services de l’environnement, de l’urbanisme et de l’habitat, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites contre plusieurs responsables administratifs.
Plusieurs localités concernées
L’enquête couvre un vaste périmètre comprenant plusieurs quartiers de la zone de Grand Conakry, notamment Yimbaya Faban, Matoto Centre, Sangoyah, Kissosso, Entag, Tombolia N’Tapan, Dabompa, Lansanayah, Kountia, Kobayah, Sonfonia et Kagbélén.
Elle s’étend également aux préfectures de Dubréka, Coyah, Forécariah, Boké et Boffa, où des faits similaires auraient été signalés.
Des infractions économiques et financières présumées
Au-delà des atteintes à l’environnement, le Parquet spécial évoque plusieurs infractions économiques et financières susceptibles d’être retenues contre les personnes impliquées. Parmi celles-ci figurent notamment :
- la corruption ;
- la concussion ;
- l’enrichissement illicite ;
- le faux et usage de faux ;
- le blanchiment de capitaux ;
- la prise illégale d’intérêts ;
ainsi que les violations des dispositions du Code de l’environnement, du Code de l’urbanisme et du Code de la construction.
Le communiqué souligne que les opérations de lotissement illégal constitueraient l’un des principaux modes opératoires utilisés pour s’approprier illicitement des espaces protégés et des domaines appartenant à l’État.
L’ORDEF et la DCPJ mobilisés
Afin de mener les investigations, la CRIEF a instruit la Direction centrale de l’Office de Répression des Délits Économiques et Financiers (ORDEF) et la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) de procéder à de nombreuses auditions.
Les enquêteurs devront notamment entendre des responsables communaux, des chefs de quartiers ainsi que toute personne ayant participé à la délivrance de permis de construire ou à la gestion des zones concernées.

L’enquête portera également sur les auteurs présumés de la destruction de la faune et de la flore, les installations industrielles non conformes aux normes environnementales et les occupations illégales des domaines maritimes et des mangroves.

Une mission de terrain sous la conduite du Procureur spécial
Le Parquet spécial annonce qu’une mission d’enquête sera prochainement déployée sur le terrain sous la supervision directe du Procureur spécial. Cette mission aura pour objectif de constater les faits, de recueillir les preuves nécessaires et de déterminer les responsabilités de chaque acteur impliqué.

À travers cette initiative, la CRIEF affiche sa volonté de lutter contre les crimes environnementaux et les réseaux de corruption qui favoriseraient la dégradation des ressources naturelles du pays.

En fin, le Parquet spécial invite les citoyens à faire preuve de vigilance et à se référer exclusivement à ses canaux officiels de communication pour toute information relative à cette procédure, afin d’éviter la propagation de fausses informations durant le déroulement de l’enquête.
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