Analyse et souveraineté : Lanciné 1 Kaba recadre les discours extérieurs sur la Guinée

4 Min Read

En tant que citoyen guinéen et acteur du monde éducatif, je me réserve le droit de réagir aux propos tenus récemment par le journaliste sénégalais Cheikh Yerim Seck au sujet de la situation sociopolitique de mon pays.

La Guinée, comme toute nation souveraine, évolue à travers des dynamiques complexes, enracinées dans son histoire, ses réalités sociales et ses aspirations profondes. Ces dynamiques ne sauraient être réduites à des analyses superficielles ou à des jugements à l’emporte-pièce. Comme le rappelait Montesquieu, « Il faut éclairer l’histoire par les lois et les lois par l’histoire » une invitation à comprendre avant de juger.

Les analyses approximatives ou déconnectées des réalités locales ne contribuent ni à élever le débat, ni à construire une opinion éclairée. Elles participent, au contraire, à brouiller les repères et à alimenter des incompréhensions inutiles. Dans un monde où l’information circule à grande vitesse, la responsabilité du journaliste est d’autant plus grande. Albert Camus soulignait avec justesse : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. »
Nous ne remettons nullement en cause la liberté d’expression, qui demeure un pilier fondamental de toute société démocratique. Mais cette liberté ne saurait s’exercer sans exigence de rigueur, sans respect des faits, ni sans considération pour les peuples concernés. Pour Thomas Sankara, « L’impérialisme est un système d’exploitation qui ne s’arrête pas aux frontières des États ». Cette pensée nous interpelle sur la nécessité de préserver notre souveraineté, y compris dans le domaine narratif et médiatique.

Les citoyens guinéens ne sont ni démunis ni dépendants d’analyses extérieures pour comprendre leur propre pays. Ils sont pleinement capables de débattre, de critiquer et de proposer des alternatives. Comme le disait Amílcar Cabral, « Dites la vérité au peuple, revendiquez les erreurs, corrigez-les et avancez ». Cette exigence de vérité doit d’abord venir de l’intérieur, nourrie par une connaissance intime du terrain.

Ce droit de réponse ne constitue ni un rejet du dialogue, ni une fermeture aux regards extérieurs. Bien au contraire, il s’agit d’un appel à un échange plus équilibré, fondé sur le respect mutuel et la compréhension réciproque. Kwame Nkrumah rappelait d’ailleurs que « la dignité d’un peuple réside dans sa capacité à décider pour lui-même ». Cette dignité ne saurait être compromise par des discours approximatifs ou condescendants.

IL convient également de rappeler que les sociétés africaines, et la Guinée en particulier, portent en elles des mécanismes de régulation, de dialogue et de résilience souvent ignorés ou sous-estimés. Les débats internes, parfois vifs, participent d’un processus naturel de construction démocratique. Les réduire à des caricatures, c’est nier leur profondeur et leur légitimité.

Enfin, les mots doivent être porteurs de responsabilité. Comme l’écrivait Victor Hugo, « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Autrement dit, la manière dont on parle d’un peuple en dit long sur l’intention et la qualité du regard porté sur lui.

La Guinée mérite mieux que des polémiques stériles. Elle mérite un débat apaisé, nourri par des analyses sérieuses, des voix responsables et une volonté sincère de contribuer à son évolution. Ce droit de réponse se veut ainsi une invitation à élever le niveau du discours, dans l’intérêt de tous.

La rédaction de www.environnement-actu.info

+224 628528969

Share This Article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *