Sidikila en péril : exploitation minière anarchique, pénurie d’eau et terres agricoles détruites

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Dans le district de Sidikila, relevant de la sous-préfecture de Balandougouba, dans la préfecture de Mandiana, l’exploitation minière artisanale et illégale a atteint un niveau critique. Dégradation accélérée de l’environnement, raréfaction de l’eau potable et destruction des terres agricoles : les populations tirent la sonnette d’alarme.

À Sidikila, le décor a radicalement changé. Sous un soleil écrasant, ce district autrefois paisible est aujourd’hui marqué par les stigmates d’une exploitation aurifère incontrôlée. L’or, qui attire chaque année de nombreux chercheurs de fortune dans la région de Mandiana, semble désormais coûter bien plus qu’il ne rapporte aux communautés locales.

Les rivières et marigots, jadis sources essentielles d’eau pour les habitants et le bétail, sont aujourd’hui transformés en étendues boueuses, polluées par les déchets issus des activités minières. Les terres agricoles, pilier de la subsistance des familles, sont creusées et abandonnées, rendant toute culture impossible. « Les animaux meurent de soif, et les citoyens n’arrivent plus à trouver un seul point d’eau potable », témoigne un habitant, traduisant l’inquiétude généralisée.

Selon plusieurs sources locales, des exploitants artisanaux, mais aussi certaines sociétés minières, opèrent sans encadrement strict. L’absence d’études d’impact environnemental, de mesures de réhabilitation ou encore de contrôles rigoureux aggrave la situation. À Balandougouba, les populations dénoncent un manque de réaction des autorités face à ce qu’elles considèrent comme une catastrophe écologique en cours.

Face à l’urgence, les habitants formulent des revendications claires : suspension des activités illégales, audit environnemental, contrôle des permis miniers et sanctions contre les contrevenants. Ils appellent également à la réhabilitation des sites dégradés, à travers le rebouchage des fosses, la dépollution des cours d’eau et des actions de reboisement.

Par ailleurs, la question de l’accès à l’eau potable devient cruciale. Les communautés demandent la mise en place rapide de solutions d’urgence, telles que des forages ou l’approvisionnement en eau par citernes, afin d’éviter une crise sanitaire.
« Nous ne sommes pas contre l’exploitation minière, mais contre une exploitation sans règles et sans avenir », confie un jeune du district. Un message fort qui interpelle directement les autorités nationales, du ministère des Mines à celui de l’Environnement, en passant par les administrations locales.

Si aucune mesure concrète n’est prise rapidement, les habitants redoutent que Sidikila ne devienne le symbole d’un développement incontrôlé, où la quête de l’or se fait au détriment de la vie humaine et de l’environnement.

Par Lanciné 1 Kaba pour le www.environnement-actu.info
Tel : +224 628 52 89 69

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