
Président de la République–Premier Président de la Vᵉ République de Guinée.
Conakry, le 18 avril 2026.
À Vous, Monsieur le Président de la République,
À Vous, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya,
Je Vous écris les mains nues, sans calcul, sans filet. Je Vous écris parce que le silence, aujourd’hui, serait une trahison. Et parce que Vous seul, Monsieur le Président, pouvez siffler la fin de cette récréation qui abîme Votre nom et déchire notre peuple.
I-Vous avez pris Vos responsabilités le 5 septembre. Qui prendra les siennes aujourd’hui ?
Le 5 septembre 2021, Vous avez quitté Kalako. Avec Vos hommes, Vous avez marché sur Sékhoutouréyah. Vous l’avez consigné dans Votre livre : un peuple ne s’affranchit pas par procuration. Ce jour-là, Vous avez rendu à la Guinée sa colonne vertébrale.
Mais depuis fin 2024, d’autres marchent sur Votre combat. Ils piétinent Votre sacrifice avec des claviers haineux, des insultes publiques, des vidéos sans honneur. Ils se disent « communicants ». Ils ne sont que des naufrageurs.
II-La chronique d’une usurpation : ceux qui Vous combattaient hier prétendent Vous défendre aujourd’hui.
Monsieur le Président, les faits sont têtus, les archives sont cruelles. «Maya la solution », que la Guinée a connue vendeuse de « médicaments pour garçons » entre Bamako et Paris, n’a publié sa première photo du CNRD que le 27 octobre 2024, à la veille de l’An 3. Pendant trois ans, où était-elle ? Loin. Très loin de Votre combat.
«L’enfer de la vérité» Vous a traîné dans la boue numérique de 2021 à 2024. Ses vidéos existent encore : il Vous accusait d’avoir «trahi l’ex président Alpha Condé qui Vous avait tout donné». Il se faisait le porte-voix de Mofa Sory et Vous imputait l’enlèvement de nos frères. Aujourd’hui, il se drape de Votre portrait.
Djibril, alias « Agi le King », était avec nous le 5 septembre. Puis l’intérêt de son patron Cellou Dalein Diallo l’a emporté. Il Vous a attaqué, a diffusé que Vous aviez « tiré sur Michel Lama », pionnier des Forces Spéciales. Aujourd’hui il revient, sans cohérence, sans vergogne.
Païkou Saré, Imam Kallo… Ils Vous maudissaient de 2021 à fin 2024. Aujourd’hui ils Vous bénissent. Quelle métamorphose. Quelle insulte à notre intelligence.
Monsieur le Président, un ennemi reste un ennemi. Quand il ne peut Vous atteindre de loin, il cherche Votre ombre pour Vous frapper de près. Mon grand-père disait : on lie les bœufs par les cornes, on lie les hommes par leurs paroles. Leurs paroles sont là. Leurs vidéos sont là. Leurs trahisons sont là.
III-Le crime de la fidélité dans un pays qui sacre la versatilité.
Depuis qu’ils ont pris la parole en Votre nom, qu’ont-ils bâti ? Rien. Ils ont détruit. Ils ont fait détester Mamadi Doumbouya par ceux qui l’aimaient. Ils ont opposé le frère au frère, au nom du Père de la Nation. Ils ont transformé Votre serment d’investiture – « On ne construit pas un pays dans la division, on ne bâtit pas une nation dans la haine » – en son exact contraire.
Pendant ce temps, Monsieur le Président, la fidélité est devenue un crime. La cohérence, un délit. Être intellectuel, un fardeau.
Lors de la publication du communiqué prohibant toute forme de soutien au CNRD, je n’ai cessé d’écrire et de défendre la cause dans les médias nationaux et internationaux.
Moi, Billy Keïta, citoyen en médiation mais passif, j’étais là le 6 septembre 2021 au matin. Le 22 juin 2022, je publiais dans Média Guinée : « Un nouveau président ne suffit pas, il faut un nouveau Guinéen ». J’ai dressé le bilan de l’An 1 du CNRD quand les plumes étaient rares. J’ai défendu Votre régime dans Mirador chez Aboubacar Diallo, face aux attaques. J’ai répondu à LSI Africa quand ils titraient «L’opposition réduite au silence par la junte». Je n’ai jamais tendu la main. Je n’ai jamais monnayé ma plume.
Et pourtant, mon livre écrit pour défendre Votre vision est bloqué depuis un an au ministère de la Culture. Lettre déposée en mars 2025, réponse en avril 2025, promesse de rappel. Silence depuis. Ceux qui ont écrit contre Vous sont reçus. Ceux qui ont écrit pour Vous sont sabotés. Je ne suis pas en colère, Monsieur le Président. Je suis en peine. Mais je continue. Parce que je ne défends pas un homme. Je défends une espérance.
IV-L’appel : reprenez la main, Excellence, avant que l’Histoire ne le fasse à Votre place.
Du temps de Moussa Moïse Sylla à la DCI, du temps de Mandjan Sidibé à l’OGP, la réplique était républicaine, structurée, digne. Nous répondions aux médias, pas aux « insultologues ». Nous opposions des arguments, pas des injures.
Vous aimez ce peuple. Je l’ai vu à FOCAC, en Chine. Vous êtes hors du commun. Alors, de grâce, reprenez la main. Aujourd’hui, la communication est une jungle. Elle bafoue la dignité humaine. Elle n’est pas Vous. Vous m’avez prouvé que Vous êtes un homme d’État hors du commun, attaché à la liberté mais viscéralement allergique au chaos.
Voici ma supplique, Monsieur le Président.
1- Créez une Commission de Validation Communicationnelle, impartiale, sous l’égide de la DCI. Qu’elle convoque tous ceux qui parlent en Votre nom. Qu’elle examine les archives : qui Vous défendait en 2021, 2022, 2023 ? Qui Vous insultait ? Que seuls les professionnels, les éthiques, les constants, portent la voix de la Vᵉ République.
2- Rendez la communication aux professionnels. Les «vidéomen» sont nés au Mali après 2020. Assimi Goïta les a compris et écartés. Ibrahim Traoré au Burkina, le Général Tiani au Niger ne leur donnent aucun privilège. Pourquoi la Guinée ferait-elle exception ? Ils divisent. Ils n’unissent pas.
3- Restaurez l’ordre et la grandeur. L’ex président Alpha Condé, quoi qu’on pense de son régime, avait une communication contrôlée. La Vᵉ République ne peut pas être moins rigoureuse que la IVᵉ. L’intérêt supérieur de la Nation doit l’emporter sur l’intérêt des relations.
Monsieur le Président, quand «Maya la solution » et Yama Sega s’affrontent, c’est Votre image qu’on lacère. Yama Sega, cette artiste qui Vous a dédié sa première chanson à Djaba Doumbouya, Votre fille. Quand ceux qui prétendent Vous défendre sont les premiers à insulter, ils appellent les insultes sur Vous. Et c’est inacceptable.
Épilogue : pour l’Histoire, pour nos enfants. Monsieur le Président, si Vous ne faites rien, l’Histoire retiendra que le Général qui a libéré la Guinée a laissé son image otage de ceux qui l’avaient combattue. Elle retiendra que les premiers soldats de la plume ont été humiliés, pendant que les derniers insulteurs étaient décorés.
Je ne Vous demande ni poste, ni prébende. Je Vous demande de protéger Votre nom, parce qu’en protégeant Votre nom, Vous protégez la République. Je Vous demande de rendre à la communication sa vertu, parce qu’un peuple désuni par les mots ne sera jamais uni par les ponts.
Je sais que Vous me lisez. Je sais que Vous me répondez dans Votre silence. Cela me suffit pour continuer. Mais ce matin, c’est la Guinée qui Vous écrit. Écoutez-la.
Avec la ferveur d’un fils de ce pays,
Avec la douleur d’un témoin du 5 septembre,
Avec l’espérance d’un citoyen qui refuse de voir trahir le sacrifice,
Billy KEÏTA Citoyen en médiation, mais passif
Soldat de la plume, depuis la première heure .
La Rédaction de www.environnement-actu.info
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